Screenward Academy
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15. Preuve de diffusion et qualité de service

À la fin de ce module, vous saurez :

  • distinguer proof of play et proof of display, et dire ce que chacune prouve vraiment ;
  • citer les moyens de preuve utilisés dans le métier (journaux certifiés, captures, contrôle terrain, télémétrie), avec des exemples de plusieurs pays ;
  • calculer un taux de disponibilité et lire un engagement de service (SLA).

Pourquoi prouver

En publicité, l'annonceur paie des diffusions. Il veut une preuve que ses spots sont passés, où et quand. Sans preuve, la régie risque de ne pas être payée, ou de devoir offrir des diffusions de compensation.

En affichage interne, la question est plus simple mais aussi coûteuse : un écran noir dans un magasin, c'est une promotion qui ne se vend pas et une image de marque abîmée.

Proof of play et proof of display

Ces deux termes anglais reviennent partout. Ils ne disent pas la même chose.

Proof of play (preuve de lecture)Proof of display (preuve d'affichage)
Ce que c'estLe journal du player : « j'ai lu tel fichier à telle heure »Une preuve que l'image est réellement apparue sur la dalle
SourceLe logiciel de lecture ou le CMSL'écran lui-même, une capture, une photo, un capteur
Ce qu'elle ne voit pasDalle éteinte, mauvaise entrée HDMI, câble débranché, écran casséDépend de la méthode

Le point clé : un journal de lecture peut dire « diffusé » pendant que l'écran est noir. Le player lit son fichier, mais la dalle est en veille ou sur une autre entrée. Plusieurs acteurs du secteur le soulignent : un rapport de diffusion reflète souvent ce qui était programmé ou lu par le player, pas ce qui était visible. Le terme proof of display n'a pas de définition unique : demandez toujours au fournisseur ce qu'il mesure exactement.

Les moyens de preuve

Journaux de diffusion (logs)

Le player enregistre chaque lecture : identifiant du spot, écran, date, heure de début, durée. Ce sont les données de base de toute facturation.

Dans certains pays, un tiers indépendant certifie ces journaux. Il n'existe pas de certificateur mondial unique. Deux exemples :

  • France : l'ACPM (Alliance pour les chiffres de la presse et des médias) et son dispositif DOOH Trust. Les régies déposent la totalité de leurs journaux bruts, sans retraitement ; l'ACPM les vérifie et les agrège par campagne et par jour. En 2025, environ 1 749 campagnes et 3 milliards de spots ont été certifiés.
  • Suisse : le WEMF croise les journaux du serveur publicitaire avec la télémétrie des écrans et réalise des contrôles aléatoires sur place.

Ailleurs, la preuve repose souvent sur les rapports du CMS ou de la plateforme programmatique. L'association américaine de l'affichage (OAAA) décrit d'ailleurs la situation de la preuve de diffusion comme encore variable selon les acteurs. Aux États-Unis, le MRC (Media Rating Council) élabore des standards de mesure pour l'affichage et accrédite les services qui s'y soumettent ; renseignez-vous sur ce qu'il couvre en matière de preuve de diffusion.

Captures d'écran

Le player enregistre une image de ce qu'il affiche. C'est utile, mais une capture logicielle montre ce que l'appli dessine, pas forcément ce que la dalle montre.

Contrôle terrain (photo)

Un contrôleur passe devant l'écran et prend une photo datée et localisée. C'est la preuve la plus directe, mais elle coûte cher et ne couvre qu'un instant. En France, on parle parfois de pige pour ce type de relevé, mais le mot désigne d'abord le suivi des publicités diffusées dans les médias. L'usage varie selon les pays et les acteurs. Certains exploitants de panneaux routiers installent aussi des caméras pointées vers leurs écrans pour vérifier le contenu en continu (OAAA).

Télémétrie de l'écran

Un écran pro peut répondre à des questions : « es-tu allumé ? sur quelle entrée ? quelle température ? » C'est un moyen à distance, continu et peu coûteux de savoir si la dalle montre quelque chose.

Disponibilité et SLA

Un SLA (Service Level Agreement, engagement de niveau de service) fixe ce que le prestataire promet, et ce qui se passe s'il ne tient pas.

Taux de disponibilité = temps où l'écran fonctionne / temps où il devait fonctionner.

Ce que représentent quelques taux sur un mois de 30 jours en continu (720 heures) :

Disponibilité promiseIndisponibilité tolérée par mois
99 %7 h 12 min
99,5 %3 h 36 min
99,9 %43 min

Avant de signer un SLA, clarifiez :

  • Ce qui est mesuré : l'appareil répond-il au réseau ? Ou l'écran montre-t-il vraiment du contenu ? Ce n'est pas la même chose.
  • Sur quelle plage : 24 h/24, ou seulement les heures d'ouverture ?
  • Ce qui est exclu : coupures de courant du site, panne du réseau du client, fermeture du magasin.
  • Le délai d'intervention : sous 4 heures ouvrées, le jour suivant, etc.
  • Les pénalités : remise, diffusions compensatoires.

Les indicateurs utiles

  • Taux de diffusion : part des écrans qui diffusent réellement, à un instant donné ou en moyenne.
  • Disponibilité par écran : sur 24 heures, 7 jours, 30 jours.
  • MTTD (Mean Time To Detect, temps moyen de détection) : entre le début d'une panne et le moment où quelqu'un le sait. C'est souvent le plus mauvais chiffre d'un réseau sans supervision : des jours.
  • MTTR (Mean Time To Repair, temps moyen de réparation) : entre la détection et le retour à la normale.
  • Taux de résolution à distance : part des pannes réglées sans déplacement.
  • Nombre d'interventions terrain par écran et par an.
  • Pannes récurrentes : les mêmes écrans, les mêmes sites, la même cause.

Sur le terrain

  • Ne promettez pas un SLA sur ce que vous ne mesurez pas. Si votre outil sait seulement que l'appareil répond, ne vendez pas un taux de diffusion.
  • Excluez par écrit ce qui ne dépend pas de vous : courant et réseau du site.
  • Après chaque intervention, faites une photo de l'écran en fonctionnement. C'est votre preuve de remise en service.
  • Gardez vos preuves au-delà de la durée de la campagne : une contestation peut arriver des semaines après.

Dans Screenward

  • Verdict en phrase, avec preuve : « Diffuse », « Écran noir ou figé », « Hors ligne », « En veille »… Chaque fait porte sa source et son heure. La dernière capture d'écran sert de preuve. Elle montre ce que l'appli d'affichage dessine, pas l'état de la dalle.
  • Taux de diffusion en tête du tableau de bord : la part des écrans dont le verdict est « Diffuse », parmi ceux censés diffuser : les écrans en veille programmée sont mis de côté, comme le temps hors des horaires dans un taux de disponibilité.
  • Disponibilité sur 24 h par écran, heure par heure. Attention : elle mesure la part des signaux de l'affichage reçus par le service (un toutes les 30 secondes), pas un temps de diffusion.
  • Journal des 7 derniers jours, en clair.
  • Incidents : 3 écrans ou plus d'un même groupe tombés ensemble pour la même raison donnent un seul incident.
  • « Vu par l'écran » : interroger le contrôleur de la dalle (allumée, bonne entrée). Interface prête, adaptateurs de marque à venir. Le croisement des deux voix dans le verdict (l'appli et la dalle) est à venir, comme la preuve photo à la demande.
  • Screenward ne produit pas de journal de diffusion spot par spot : c'est le rôle du CMS.

Mini-quiz

  1. Le journal du player dit « spot diffusé à 14 h 02 ». L'écran était sur l'entrée HDMI 2. Avez-vous un proof of play ? Un proof of display ?
  2. Un SLA promet 99,5 % de disponibilité 24 h/24. Combien d'heures d'indisponibilité par mois de 30 jours sont tolérées ?
  3. Quel indicateur est souvent catastrophique sur un réseau sans supervision ?
Voir les réponses
  1. Vous avez un proof of play (le player a lu le fichier), mais pas de proof of display : la dalle ne montrait pas le spot.
  2. 3 heures 36 minutes (0,5 % de 720 heures).
  3. Le temps de détection (MTTD) : une panne peut rester invisible pendant des jours.

Sources

Consultées le 31 octobre 2026.

  • CB News, « Une certification pour le marché du DOOH » : https://www.cbnews.fr/node/27285
  • ACPM, règlement d'application DOOH : https://acpm.fr/Media/Files/Reglement-d-Application-DOOH
  • CB News, « DOOH Trust : 1 749 campagnes et 3 milliards de spots certifiés en 2025 » (24 février 2026) : https://www.cbnews.fr/etudes/dooh-trust-1-749-campagnes-3-milliards-spots-certifies-2025
  • WEMF, audit DOOH : https://wemf.ch/en/audits/wemf-dooh-audit/
  • OAAA, « Measurement, Standards, and the Current State of Proof of Play in DOOH » : https://www.oaaa.org/measurement
  • Billboard Insider, projet de standards MRC pour l'affichage : https://billboardinsider.com/mrc-issues-draft-of-out-of-home-standards/
  • Quividi, « DOOH Proof Of Play Dethroned as the Digital Atom Of Accountability » : https://quividi.com/dooh-proof-of-play-dethroned-as-the-digital-atom-of-accountability/
  • Samsung SDS, article sur la preuve de diffusion : https://www.samsungsds.com/us/en/insights/blog/1195085_1234.html